Macro II - Fluctuations - ENSAE, 2025-2026
2026-03-25
Quelles sont les raisons classiques d’ouvrir l’économie au commerce ?
Les modèles RBC ont connu un très grand succès pour reproduire les cycles économiques
Il n’a pas fallu longtemps avant que la même méthodologie soit appliquée aux cycles économiques internationaux
Article fondateur :
Grand succès méthodologique :
Moments
D’après Kehoe,Kydland (1995)




Au niveau national :
Au niveau international :
Pouvons-nous reproduire ces moments avec un modèle de cycles économiques ?
L’agent représentatif maximise : \[\max_{c_t} \sum_{t=0}^{\infty} \beta^t u(c_t)\] \[c_t + a_{t} \leq y_t + (1+r) a_{t-1} \]
Économie de dotation :
Petite économie ouverte :
Nous résolvons ce problème avec les conditions aux limites :
\(a_{-1}\) donné1
\(\lim_{T\rightarrow\infty} \frac{a_{T}}{(1+r)^T}\geq0\)
La condition de pas de Ponzi va effectivement éliminer les solutions divergentes.
Dans une approximation au premier ordre, elle sélectionne les bonnes valeurs propres.
Nous obtenons le Lagrangien :
\[\mathcal{L}= \sum_{t=0}^{\infty} \beta^t u(c_t) + \sum_{t=0}^{\infty} \beta^t \lambda_t \left(y_t + (1+r) a_{t-1} - c_t-a_{t} \right)\]
Conditions du premier ordre :
\[\begin{align} u^{\prime}(c_t)& =& \lambda_t \\ \lambda_t &=& \beta (1+r) \lambda_{t+1} \end{align}\]
Sous l’hypothèse technique \(\beta (1+r)=1\) nous obtenons \(c_t=c_{t+1}\) et donc
\[c_0 = \frac{r}{1+r}\left\{ (1+r) a_{-1} + \sum_{t=0}^{\infty} \frac{y_t}{(1+r)^t}\right\}\]
Rappels sur le compte courant
La balance commerciale est les exportations moins les importations (ici \(y_t-c_t\))
Le compte courant est la balance commerciale plus les revenus nets de facteurs (ici \(y_t-c_t+r a_{t-1}\))
Un compte courant positif : prêt supplémentaire au reste du monde.
En utilisant la formule d’avant
\[CA_0 = a_{-1} r + (1-\frac{r}{1+r}) y_0 - \frac{r}{1+r}\left\{ \sum_{t\geq1}^{\infty} \frac{y_t}{(1+r)^t}\right\}\]
Comment le compte courant réagit-il aux chocs de revenu ?
le compte courant réagit positivement à un choc de revenu temporaire
et négativement aux anticipations de chocs futurs de revenu :
Reprenons la formule de la consommation : \[c_0 = \frac{r}{1+r}\left\{ (1+r) a_{-1} + \sum_{t=0}^{\infty} \frac{y_t}{(1+r)^t}\right\}\]
Rappelons aussi l’équation d’accumulation des actifs étrangers : \[a_t = (1+r) a_{t} + y_t - c_t\]
Lorsque \(a_{-1}\) augmente de \(\Delta a_{-1}\), alors \(c_0\) augmente de \(r \Delta a_{-1}\).
En conséqence \(a_0\) augmente d’exactement \(\Delta a_{-1}\) (car \(a_0 = (1+r) a_{-1} + y_0 - c_0\)).
En itérant le raisonnement, \(a_1, a_2, ...\) augmentent aussi d’exactement \(\Delta a_{-1}\).
Et les consomations \(c_1, c_2, ...\) augmentent d’exactement \(r \Delta a_{-1}\).
Une augmentation de la richesse initiale a un effet permanent sur les actifs étrangers et la consommation.
Nous ajoutons le capital et la production à notre économie de dotation : \[y_t = z_t k_{t-1}^\alpha\] \[k_t = (1-\delta) k_{t-1} + i_{t}\]
La contrainte de ressource agrégée devient :
\[a_{t} + c_t + i_t = (1+r) a_{t-1} + y_t\]
On maximise alors \(\sum_t \beta^ t U(c_t)\)
Nous obtenons les conditions du premier ordre
\[\lambda_t = \beta \lambda_{t+1} (1+r)\] \[\lambda_t = \beta \lambda_{t+1}\left[ (1-\delta) + z_{t+1} f^{\prime}(k_{t}) \right]\]
où \(\lambda_t\) est le multiplicateur de Lagrange associé à la contrainte budgétaire.
Puisque \(\lambda_t>0\) (la contrainte est toujours active), nous obtenons :
\[(1-\delta) + z_{t+1} f^{\prime}(k_{t}) = 1+r\]
\[k_{t} = \left( \frac{r+\delta}{\alpha z_{t+1}}\right)^{\frac{1}{\alpha-1}}\]
et l’investissement \[i_t = \left( \frac{r+\delta}{\alpha z_{t+1}}\right)^{\frac{1}{\alpha-1}}- (1-\delta)\left( \frac{r+\delta}{\alpha z_{t}}\right)^{\frac{1}{\alpha-1}}\]
Ici l’investissement est entièrement déterminé par les chocs de productivité
Une solution possible : modifier la contrainte de ressource de sorte que l’ajustement du capital soit coûteux
Par exemple :
\[a_{t} + c_t + i_t + \frac{\omega}{2}\frac{(k_{t}-k_{t-1})^ 2}{k_t} = (1+r)a_{t-1} + z f(k_{t-1})\]
\[k_{t} = (1-\delta) k_{t-1} + i_t\]
où \(\omega\) est un paramètre de friction d’ajustement.
En général, \(\omega\) est choisi de sorte que le modèle reproduise \(\frac{Var(i_t)}{Var(y_t)}\) à partir des données.
🔜 Cf tutoriel.

Closing Small Economy Models, Schmitt Grohe and Uribe (2003), JIE
\[\max_{c_t, n_t} \sum_{t=0}^{\infty} \beta^t u(c_t, n_t)\]
\[c_t + k_{t} + a_{t} = y_t + g_t - \frac{\omega}{2}(k_{t}-k_{t-1})^2 +(1-\delta) k_{t-1} + (1+r^{\star}+{\color{red}\pi(a_{t-1})})a_{t-1}\] \[y_t = f(k_{t-1}, n_t, z_t)\]
\[z_{t+1} = \rho z_t + \epsilon_{t+1}\]
et \[u(c, n) = \frac{1}{1-\sigma}\left(c^{\psi}(1-n)^{1-\psi} )\right)^{1-\sigma}\]
Le terme \(\color{red}\pi\) est là pour rendre le modèle stationnaire.
Idée générale :
Schmitt Grohe and Uribe (2003) considèrent de nombreuses options :
SGU montrent que le choix du dispositif de stationnarisation a peu d’effet sur la dynamique (moments) de la plupart des variables
| Paramètres | Valeurs |
|---|---|
| \(σ\) | 2 |
| \(ψ\) | 1.45 |
| \(α\) | 0.32 |
| \(ω\) | 0.028 |
| \(r\) | 0.04 |
| Paramètres | Valeurs |
|---|---|
| \(δ\) | 0.1 |
| \(ρ\) | 0.42 |
| \(σ²\) | 0.0129 |
| \(A^{\star}\) | -0.7442 |
| \(χ\) | 0.000742 |


Comment rendre la distribution stationnaire ?
La solution du modèle présente une racine unitaire :
\[a_t = a_{t-1} + ... \text{autres variables en t-1} + \text{chocs en t}\]
Problème :
Cela soulève des problèmes pratiques (notamment pour l’estimation) pour le modèle linéaire.